Nous n’avons pas entièrement atteint notre objectif lors de la séance de topographie du 15 août. La montée du talweg de Graners jusqu’à l’entrée de la cavité manque cruellement, l’exutoire de la cueva del Chorro n’est pas raccordé sur le polygonal en cours, nous n’avons pas repéré les stations du cheminement depuis Fuentés Blancas pour pouvoir lever ultérieurement des antennes (à l’exception du point d’origine, du point 16 à F021, du point 30 au bas de l’escalade vers le Pot au Feu).
C’est donc pour compléter et pouvoir utiliser toutes les données collectées qu’un équipe très réduite de Languedociens (Philippe et Jean Claude) transporte tout le matériel nécessaire entre Badain et le Chorro, en cette fin de journée de vendredi.
Pour éviter plusieurs voyages, la technique des objets légers et volumineux
attachés sous une barre de buis autochtone est à nouveau utilisée.
Duvets, matelas, tente et vêtements n’encombrent pas les sacs à dos pouvant
contenir les objets pesants et précieux tels que théodolite, trépied, mire,
perceuse, accus, nourriture et boisson…
Le poids à transporter est néanmoins conséquent !
Un emplacement de tente est trouvé entre les deux bras du Chorro, nous sommes au cœur du chantier…
Avant la nuit, l’outillage et les accessoires prévus en cas de déplacement de
la station Graners I, cachés dans la remo,tée vers le Pot au feu, quelques
« rataillons » de cordes sont descendus pour être rapprochés de Graners
dans les jours suivants.
Malgré un sol pentu et caillouteux, la nuit est réparatrice !
Nous déjeunons le samedi à la pointe du jour et nous empressons d’effectuer le
levé topographique du canal supérieur du Chorro vers l’exutoire.
Le « laser mètre » est d’usage plus facile dans la semi obscurité. Pour ce
tronçon, nous avons choisi le levé trigonométrique pour pouvoir déterminer
avec précision, l’élévation de l’exutoire du Chorro.
Nous marquons cette fois systématiquement toutes les stations (pointe avec
rondelle) et tous les gisements de la mire (pointe sans rondelle), à
l’excès car lors de l’exploitation des données, nous nous apercevrons que
seuls les points de mire sont réellement réutilisables.
Nous remontons ensuite le rio Irués jusqu’au point 40vip en reprenant la
sécuritaire méthode directe, par report des plans horizontaux.
Le jour maintenant bien levé nous empêche de suivre correctement le point rouge
vers les résurgences côté Lierga (à l’exception de L022).
Cinq opérateurs pour le 15 Août étaient à la limite du surnombre, mais il
manquait un équipier pour cette séance…
Nous bouclons à nouveau au point 40vip vers 12h00. Après un frugal casse-croûte
en cherchant en vain l’abri ombragé des rochers, nous attaquons la montée
vers Graners sous un soleil au zénith. Les « Graners » sont chauffés à
blanc et il est réellement très pénible de rester concentré. La mire
maintenue par Philippe a du gite et du roulis à 5 mètres de hauteur !
Ce n’est pas avant 20h que nous plantons la dernière pointe au point repère 0gr.
Le repas du soir et le Cabernet Sauvignon sont les bienvenus… !
Au matin du dimanche, avant de prendre le chemin du retour et transporter à
nouveau tous les instruments et outils, nous effectuons un dernier
aller-retour à la cueva de los Graners pour y abriter accessoires et
outils nécessaires à l’éventuel déplacement de la station Graners I.
Raisonnablement, nous abandonnons l’idée de descendre le théodolite « emprunté »
à l’intérieur de la grotte… Le temps nous manquerait, et les mises en
station seraient risquées pour ces instruments que nous devons restituer
« neufs » le surlendemain !
Par contre, à quelques dizaines de centimètres sous le niveau de l’entrée,
contre un roc en surplomb, nous fixons un « granerspion », appareil de haute
technicité destiné à prouver le passage de la crue. Une bouteille de 50 cl d’eau
minérale suspendue au bout d’un cordeau de nylon, dans laquelle nous avons
déposé une bille de jeu d’enfants… L’élévation du niveau de l’eau renversera
forcément la bouteille, la gravité chassera la bille… La preuve sera indiscutable !
Voilà, les deux séances de topographie consécutives ont été éprouvantes…
Pourtant, il faudrait consacrer un dernier weekend d’automne pour mesurer à
l’aide d’un niveau laser, le dénivelé précis entre le point 0gr et la
station Graners I. Des volontaires ?
Mais il faudra à présent se méfier des crues, spectaculaires et ne
laissant aucune chance aux imprudents !
A bientôt.
C’est la traditionnelle période d’intense activité spéléologique sur le massif !
Quelques spéléos des Brujas ont précédé leurs collègues pour injecter le jour convenu, la précieuse fluorescéine dans le ruisselet du B13.
A Fornos, tout est prêt pour faire soigneusement le suivi du traçage et prélever les échantillons.
Anchel, Ramon et Miquel assurent la première garde et Carles relèvera Anchel, appelé par d’autres responsabilités, dés le vendredi en soirée.
Ainsi, les trois kilogrammes de fluorescéine sont dilués dans le ruisselet d’un débit approximatif de 7 litres par minute, par – 400 mètres de profondeur dans le gouffre des Apostats (B13), le jeudi 11 août vers 16 heures et 40 minutes.
Le protocole convenu est simple mais astreignant. Il consiste à prélever, toutes les dix minutes, dans un des griffons supérieurs au bord du sentier de Fuentés Blancas à Chorro, une éprouvette de quelques millilitres d’eau. Une goutte de révélateur est ajoutée à l’eau prélevée avant de positionner l’éprouvette sur le fluoromètre. Celui-ci affiche instantanément la concentration de fluorescéine dans l’eau prélevée.
Ces jours là, la température sous l’épais couvert des buis de Fornos est à son apogée, l’eau de Fuentés Blancas est elle à 8°c… Instantanément, l’éprouvette se couvre de condensation, générant peut être des erreurs de lecture au fluoromètre. Le pourcentage de concentration oscille fortement entre les relevés. A moins qu’à l’image des crues affectant les eaux souterraines de ce massif, la restitution du traceur se fasse réellement en dent de scie…
Heureusement, pour conforter et vérifier ces relevés, un échantillon est prélevé toutes les demi-heures, soigneusement étiqueté et référencé. Le laboratoire de l’université de Saragosse pourra établir un bilan sans failles de ce traçage.
Pour notre faible équipe de Languedociens (Philippe et Jean Claude), nous projetons d’installer en priorité l’échelle limnimétrique à la passerelle d’Irués, mais également d’effectuer le relevé du dénivelé entre Fuentés Blancas et la cueva de los Graners à l’aide d’un théodolite.
Les accessoires et outillages n’étant pas du tout commun, nous devrons effectuer plusieurs allers-retours à Badain, terminus des véhicules.
En plus du matériel personnel et de campement pour trois jours, nous transportons la planche en bois imputrescible de 2,2 mètres de longueur sur laquelle sont fixés les 2 règles limnimétriques en acier émaillé de forte épaisseur.
Pour faciliter le halage de de colis encombrant, 2 poignées vissées dans le bois le prolongent et permettent ainsi de cheminer en asservissant les porteurs au même rythme, à distance constante… Ce n’est pas facile avec Philippe dont la vue n’es pas meilleure la nuit que le jour !
Nous parvenons néanmoins aux Fuentés Blancas vers 23 heures et finissons la nuit à la belle étoile, après avoir salué Miquel à son poste de surveillance.
Avant le jour, nous effectuons un nouvel aller-retour à Badain pour acheminer perceuse, batteries et instruments fragiles de topographie.
Après un solide casse-croûte et vers 9 heures, le chantier de la passerelle est ouvert. Tout se déroule comme prévu, rien ne manque sauf peut être le mètre à ruban ayant disparu au moment crucial, mais ce qui ne nuira en rien à l’achèvement de l’ouvrage…
Vers 14 heures, sous le regard étonné des randonneurs nombreux et de charmantes naïades attirées par la fraîcheur du rio, la règle limnimétrique est opérationnelle et plonge jusqu’à la graduation 22 dans l’Irués en régime de basses eaux.
Nous remontons à Fuentés Blancas pour installer la tente, le ciel est menaçant et le tonnerre gronde… Nous devons préparer un abri pour le sensible théodolite « emprunté ».
C’est avec nos amis Catalans qu’en fin d’après midi, nous revenons à la passerelle pour relever au théodolite, la coupe précise du rio à l’aplomb de l’ouvrage.
Carles se met au dessin, Philippe et Ramon à la mire, Miquel au débroussaillage et je mesure tout depuis le génial instrument.
Nous terminons cet excellent travail juste avant la nuit et rejoignons le campement en bordure des flots écumant des résurgences. Ramon, Carles et Miquel ayant terminé les contrôles, peuvent enfin profiter du repas en toute convivialité.
A la pointe du jour, j’effectue un nouveau portage à Badain pour ramener l’inutile et remplacer les accumulateurs déchargés la veille à la passerelle.
Ce dimanche est entièrement consacré au levé topographique à l’aide du théodolite, entre Fuentés Blancas et la cueva de los Graners que nous n’atteindrons pas.
Récents utilisateurs de cet instrument, nous préférons assurer en faisant succéder les visées directes (cheminement géométrique) sur la mire reportée, plutôt que d’utiliser la méthode trigonométrique nécessitant la mesure précise des longueurs, assez difficile à réaliser avec précision sur ce site.
Débuté vers 10 heures, ce long chemin de croix de 46 stations se termine vers 20 heures au bas du talweg de Graners, au point « géodésique » de notre système, le point 40vip, estimé après l’examen de plusieurs cartes, à 945m d’altitude.
Ce sont en tout 6 personnes qui n’ont pas failli une seconde durant ces longues heures et une mention toute particulière à Miquel, l’homme de mire, ayant maintenu la mire en position verticale et stable sans broncher ni se plaindre quand il fallait reprendre… Merci Miquel !
Le repas du soir, sans Carles ayant rejoint Armeña, se déroulera dans la bonne humeur et l’opulence des provisions que l’on doit engloutir plus les porter, grandement satisfaits que nous étions par l’excellent travail accompli et les succès obtenus.
Le lundi est le jour du départ général, pour nos amis Catalans d’abord car nous devons décharger la sonde Graners 1 dans la cueva de los Graners.
Nous trouvons la cavité tapissée d'un fin limon clair et encore très humide.
Le niveau du lac 1 est bas, mais à nouveau différent de quelques centimètres... Ce lac n'en et certainement pas un ...!
Nous peinons à télécharger, pendant de longues minutes, jusqu'à ce que le bon "port" soit spécifié. "COM 4" est le canal de chargement avec le micro ordinateur "ARCHOS" prêté. Cela devrait éviter ces instants de fortes suspicions !
Ce que nous voyons apparaître sur l’écran est édifiant… Mais ceci sera une autre rubrique que nous pourrons découvrir içi très bientôt.
C’est la très rapide description de la station météorologique d’Armeña, longuement imaginée, patiemment et
méticuleusement fabriquée par l’ami Jacques depuis plusieurs dizaines de jours.
Ce ne sont également pas loin d’une centaine de pièces à préparer, à présenter, à mettre en configuration. C’est la réalisation
d’un projet où le moindre oubli, arrivé dans le « Circo » peut rendre le long déplacement inutile … La liste des ingrédients
est formelle, détaillée.
Se sont également 18 kg avec l’outillage qu’il faut ajouter aux charges personnelles et transporter à dos jusqu’à 2300m d’altitude,
mais c’est surtout la conclusion d’un projet passionnant qui nous réunit en ce 11 juin.
La route vers Barbaruens est toujours aussi languissante par le val d’Aran. Par chance, nous arrivons assez tôt au refuge
(1960m) et nous installons à l’étage. Quelques heures après, les randonneurs affluent et les dortoirs sont pris d’assaut !
Nous dînons donc sur la terrasse fameuse, un peu abritée des bruits du refuge. Que de souvenirs de bons moments sur ces dalles
décollées, marquées semble-t-il encore des auréoles de nos séjours de 2000 à 2003… La présence de nos amis Catalans d’alors
est palpable… « Un poco de nostalgia, tambien » devant le filet d’eau cristalline provenant de la Fuenté de Riancès,
la vasque bâtie n’existe plus, mais sur une pierre l’inscription 2003 signe cette réalisation qui sans être la 8ème
merveille du monde, fonctionne et rend service depuis 8 ans.
Les 2 bolets de cèpe très rapidement cueillis au col sont hélas uniques, comme une sorte de leurre en bordure d’un bosquet
oublié par la pluie.
Au lac, les tritons sont sur la berge et plongent au gré de notre progression… C’est curieux, je n’avais jamais remarqué
cette attitude et les avais toujours observés (plus tard dans la saison) paraissant sur les pierres du fond.
Tout aussi curieux ce couple de marmotte s’engouffrant dans leur terrier aux abords de la grotte « des Français ».
Je n’ai aucun souvenir de leur présence jusqu’en 2003. Ramon précise en observer régulièrement, leur colonisation est donc
récente. Vous pouvez confirmer ou rectifier… Il s’agit d’une observation intéressante !
Le soleil généreux du dimanche permet à Jacques de découvrir un Armeña resplendissant où à chaque pas se lit l’omniprésence des
spéléologues.
Après de longues recherches, à défaut de la dalle horizontale recherchée, une strate pentue reçoit l’agrément de Jacques,
80m au S-SO du camp de nos amis Catalans. Le protocole minutieusement préparé est appliqué à la lettre, et peu à peu la
station s’élève, exactement comme prévu, sans surprise ni incident.
Ainsi vers 13h00, l’auget du pluviomètre est libéré et les appareils d’enregistrement activés : Armeña 1 est opérationnelle !
(Description, situation, mode d’emploi dans un document interne).
Nous descendons par le Sud, non sans avoir fait le traditionnel pèlerinage aux A8, A11 et A238. Mais seuls les souvenirs caractérisent les cavités. Pour un nouvel arrivant, les gouffres succèdent aux gouffres, sans caractère particulier.
La soirée est plus calme au refuge uniquement occupé en ce dimanche soir par notre trio et deux couples, l’un Toulousain,
l’autre de Tarragone (lui est d’ailleurs spéléo). Nous sympathisons sur la terrasse devant un verre de Cabernet Sauvignon
avec nos voisins Français, grands amateurs de sommet en varappe et amoureux des sierras d’Aragon. Nous prévoyons de
descendre ensemble par le GR15. Nos horaires sont quelque peu différents mais sous la pluie et à la pointe du jour,
notre groupe dévale le barranco par un sentier abrupt, glissant, mal tracé, à déconseiller aux randonneurs chargés !
A sa défense, il offre de beaux points de vue au débouché dans la vallée, sur d’impressionnantes falaises lumineuses et
de gros bancs massifs rayés de cannelures gigantesques rappelant (modestement) le karst de Madre de Dios.
Nous avons pour objectif de reconnaitre l’entrée de la cavité A317. Cette résurgence de crue en rive droite du rio et à
quelques mètres en bordure du GR, se signale par un talweg bien propre, caractéristique. Les coordonnées publiées sont
fiables mais la référence inscrite sur la paroi est A217.
Alberto Arqué, lors de son inventaire des cavités d’Armeña, s’est certainement aperçu d’un « doublon » avec l’A217 du
« circo » et l’a publié sous le numéro 317. L’inscription est donc à rectifier lors d’un prochain passage en A317.
Nous rencontrons bientôt la piste reliant Barbaruens à Plan, et sommes tenus de la remonter sur prés d’un kilomètre pour
retrouver nos véhicules.
La boucle est bouclée, la mission accomplie, l’objectif atteint au-delà de toute espérance…
Là haut, l’auget doit battre régulièrement et le thermomètre espionner la température de l’air toutes les heures… Vivement le dépouillement des données !
Alzonne, le 23 juin 2011
Le 24 juillet 2010, l’ACEC organisait une sortie de préparation à la plongée du
siphon de la Cueva de los Graners, prévue le 12 septembre.
Jacques découvrait le site de Fornos, le ravin d’Iruès et le Chorro en crue.
Il n’en fallait pas plus pour aiguiser sa curiosité… Instruit des quelques
publications présentant cette zone, il réalisait rapidement l’intérêt de
surveiller le fonctionnement du réseau.
Ses recherches sur le Web le dirigeaient vers un capteur utilisé sur l’île de
Madre de Dios, par l’expédition parrainée par la FFS.
Nous étions dans la 2ème quinzaine du mois d’août, 3 semaines seulement nous
séparaient de la date de la plongée.
Nous avions juste le temps de l’acheminer depuis le Canada ! Nous avons
simultanément émis la commande et vous avons informé de la souscription de 20€
pour le financement. Loin de nous l’idée de créer sécession au sein de l’ACEC,
le seul moteur de cette initiative a été la recherche d’efficacité.
Cet appareil, gros comme une clé de voiture moderne, a été initialement conçu pour
enregistrer les caractéristiques des plongées subaquatiques.
Les résultats sont dépouillés à l’aide du logiciel fourni, et les éléments
exploitables dans notre utilisation sont la durée de l’immersion, la vitesse de
descente (de montée du niveau d’eau), la température de l’eau.
Nous avons programmé les prises de mesures toutes les 600 secondes, dés que la
pression subie sera supérieure à 1000 mbars. Implantée à 950m d’altitude, il
ne faudra que quelques centimètres d’eau au dessus du capteur pour enclencher
un relevé toutes les 10 minutes, pendant la durée de la crue (immersion), et
ce en autonomie pendant 1500 heures.
Relativement simple à utiliser, ce programme décharge rapidement les données
enregistrées par la sonde.
Le tableau de gauche présente :
- la liste des immersions enregistrées par date et heure du début.
- Un bouton « statistic» permet de visionner le cumul des données des
immersions.
- Un autre exporte les données au format CSV, tableau sous forme linéaire,
valeurs séparées par des virgules (utilisation nébuleuse pour l’instant…),
- Le bouton de chargement des données recueillies par la sonde vers un dossier
spécifique dans le programme,
- Un bouton permettant de configurer l’intervalle des mesures et la pression de
déclanchement.
Le tableau au centre récapitule les données de l’immersion sélectionnée, en rappelant l’intervalle des mesures, le temps total d’immersion, la profondeur maximum atteinte, les t° mini-maxi enregistrées, puis des éléments bien obscurs pour un misérable spéléo terrestre !
Le tableau de droite (profiles) sur fond bleu, présente l’allure de la plongée
en termes de variation de profondeur, celui sur fond rose en termes d’évolution
des températures.
A l’aide d’un vernier vertical et d’une mire mobile, il est facile de se déplacer
le long des courbes et de lire instantanément les caractéristiques du point
interrogé.
La capture d‘écran ci-dessus représente un essai effectué dans le rio Cinca,
la veille de l’installation de la sonde. (La t° élevée mesurée s’explique par
la chaleur emmagasinée par la sonde déposée malencontreusement devant l’ouïe
de ventilation du micro-ordinateur (44°c), et l’inertie de dissipation pour
cette courte immersion).
Ces deux graphiques peuvent s’enregistrer au format bmp.
Dans la barre d’outils supérieure, le bouton « setting » permet de sélectionner le
type de sonde et le port utilisé pour le dialogue avec le micro-ordinateur.
Le bouton « additional information » permet de remplir la fiche signalétique de
la série de mesures.
Le bouton « raw data » présente toutes les prises de mesures effectuées, sous
forme de tableau aux cellules sélectionnables et exportables au format excel.
La violence des colères du Chorro laisse imaginer « l’agitation » dans le réseau
de Graners en période de crue…
Pour protéger le capteur en préservant toutes ses facultés, Jacques n’a pas pensé
à un bidon étanche, mais à une chambre de tranquillisation qui répondrait aux
impératifs suivants :
- une protection mécanique ne séparant pas le capteur de la pression ambiante,
- un isolement des turbulences de la veine liquide,
- une insertion dans un volume non clos où la dimension de la plus grande
ouverture sera inférieure à la plus petite dimension du capteur,
- un maillage de la face inférieure ne retenant pas les sédiments,
- un système de fixation du capteur à l'intérieur du volume,
- un moyen de fixation simple et efficace de l'ensemble contre la paroi avec
cheville auto foreuse M8 de chez SPIT*,
- une masse raisonnable et limitée pour éviter les récriminations et les
allusions déplaisantes du porteur.
Bref une boite en inox, avec des trous pour laisser passer l'eau et ne pas retenir
l'argile mais garder le capteur s’il se barre !
Naturellement, comme deux « fonteneros » que nous sommes fiers d’être, nous avons
sollicité Nicoll !
Il s’agit en fait d’une chute de tube PVC D63mm de 38cm de longueur, obturée dans
sa partie supérieure par un bouchon à filetage long. Ce bouchon est traversé
par une tige en inox gardant prisonnier l’anneau de suspension du sensor,
sans générer un long bras de levier.
Cet anneau est relié à l’extérieur à une chaine galvanisée solidaire du collier
de fixation de l’étui, suffisamment longue pour faciliter les manipulations,
mais ne permettant pas une chute au sol.
Le tube est maintenu verticalement contre la paroi par 2 colliers série lourde,
vissés dans des chevilles métalliques et vis inox en 7x150.
Des contre-écrous ont doublé les vis de fermeture des colliers, au cas où la
corrosion rongerait le taraudage dans l’épaisseur du feuillard.
Une vis en inox traverse de part en part le fourreau ouvert, en partie inférieure.
En cas de détachement de la sonde de son anneau, le sensor resterait
prisonnier du tube.
Trois trous d’évent éviteront de capturer l’air lors des mises en charges.
Enfin, un beau N°1 est inscrit sur la face avant, augurant peut être d’autres
appareils, où si malgré les multiples précautions, le fourreau était arraché et
retrouvé dans le Cinca ( !).
Nous avons choisi un endroit d’accès aisé pour charger ou remplacer le capteur,
à un niveau révélateur des variations maximales : le point bas de la cavité
par -30m, le lac 1.
- A deux mètres au dessus du niveau actuel du lac 1, il sera très rapidement
atteint par la crue (quelques minutes certainement) et captera l’élévation
de la hauteur d’eau jusqu’au déversoir représenté ici par la galerie del
Tronco.
Ce déversement marquera certainement un palier dans la courbe puisque Chorro
évacuera l’importante quantité d’eau.
Si la crue sature le débit du Chorro, le niveau s’élèvera pour ennoyer la
cavité jusqu’à la salle d’entrée, voire même résurger entre les blocs,
exceptionnellement.
- L’implanter plus bas n’aurait anticipé les mesures que de quelques minutes,
et nous privait de la paroi bien verticale permettant la fixation idéale
de l’étui, et d’une grande dalle horizontale facilitant l’implantation et
l’exploitation du capteur.
- L’implanter sous le niveau actuel du lac aurait engendré des mesures
immédiates dans une laisse d’eau toujours à la même température et de même
hauteur, en attendant la crue.
Nous avons pensé à son implantation aux abords du siphon, c’est un réflexe
logique.
Outre les difficultés de relevé ou remplacement de la sonde, nous ne sommes pas
persuadés que cette position étoffe sensiblement l’exploitation des données.
Nous supposons le fonctionnement de la manière suivante :
- La perte dans la galerie terminale (siphon) alimente certainement Fuentès
Blancas, et absorbe le débit d’étiage en stabilisant le niveau.
- A saturation de ce débit de perte, le niveau s’élève dans la galerie,
certainement très rapidement au vu des volumes collectés par l’impluvium Cotiella et les quelques centaines de m3 opposés par la galerie du siphon.
De -25m, le niveau grimpe rapidement jusqu’à -20m, franchit le seuil formé par le point haut, et se joignant aux ruisseaux de l’impluvium plus local, vient quasi instantanément exciter notre capteur au point bas de la cavité par -30m.
Le seul élément supplémentaire apporté par cette situation, serait de
connaitre la vitesse de montée du niveau dans cette portion de conduit.
Si l’exploitation des données d’une saison sur la sonde n°1 démontrait avec
force l’intérêt d’une mesure au niveau du siphon, nous pourrons nous
adapter à cette nouvelle donne.
En attendant, la sonde n°1 a le mérite d’être installée et prête à
enregistrer.
Loin de toute polémique, ces enregistrements devraient nous apporter une
foule de renseignements sur le fonctionnement de l’actif dans
Graners.
Si à termes, et cet objectif est tout autant prioritaire, nous pouvons
étudier les corrélations entre les enregistrements la station météo de
Seira et notre sonde, la connaissance de ce fantastique massif et du
réseau de Fornos, mystérieux et attirant, ferait un grand bon en avant.
Et sans nous avancer, nous sommes persuadés que c’est le seul but de tous,
preuves à l’appui !
Dans les circonstances évoquées au 1er paragraphe, nous avons lancé une souscription pour
l’achat du capteur Sensor Ultra.
Ont répondu présents (liste nominative à votre disposition sur simple
demande) ;
6 adhérents en chèque à l’ordre de JC Gayet
5 adhérents en numéraires
Soit un total perçu de 220€
JC Gayet a remboursé par chèque depuis son compte : 150€ à Jacques Pradel, correspondants à la facture d’achat de Reefnet, et versé en numéraire 70€ à Ramon pour provisionner le compte de l’ACEC.
L’opération est donc close en toute transparence, un grand merci à tous les donateurs !
Le navigateur Mozilla Firefox restitue plus fidèlement ce site. N'hésitez pas à le télécharger ici